À l'est du pays de Brest, Morlaix s'est bâtie dans une vallée profondément encaissée, là où deux rivières se rejoignent pour former le Dossen sous le célèbre viaduc de pierre. Ses quelque 15 000 Morlaisiens habitent un centre historique exceptionnel, avec ses maisons à pondalez et à encorbellement, ses venelles en forte pente et ses quais au ras de l'eau. Cette topographie resserrée et ce patrimoine ancien font de l'humidité un enjeu majeur du bâti morlaisien.
Le cœur historique concentre les remontées capillaires. Les maisons à colombage sur soubassement de pierre, serrées les unes contre les autres, sans coupure de capillarité, pompent l'eau du sol frais de la vallée. Le rez-de-chaussée se couvre de salpêtre, les enduits cloquent, le bois du bas des cloisons souffre. L'injection d'une barrière étanche, menée avec précaution dans ces murs de caractère, et la reprise des enduits à la chaux redonnent aux murs leur capacité à sécher.
La proximité de la rivière et des quais met les caves et rez-de-chaussée bas sous pression d'eau, en particulier lors des fortes pluies et des marées qui remontent l'estuaire. Le cuvelage les met hors d'eau, au besoin avec une pompe de relevage. Sur les venelles et les coteaux qui grimpent de part et d'autre de la vallée, l'eau de ruissellement dévale et charge les fondations des maisons en contrebas : le drainage périphérique l'intercepte, quand l'accès le permet.
Le bâti historique de Morlaix, parmi les plus remarquables de Bretagne, impose la plus grande délicatesse : murs mitoyens, colombages, accès difficiles par les venelles. Nous y privilégions les traitements respirants et réversibles, la chaux plutôt que le ciment. Dans les logements rénovés, la condensation s'ajoute au tableau et se règle par la ventilation. Du centre historique aux abords de Saint-Martin-des-Champs, chaque intervention démarre par un diagnostic gratuit qui respecte le bâti et cible la vraie cause.